Voilà, vous le savez déjà, le dixième Quiksilver Pro France a été remporté par un jeune bréslien de 17 ans, qui porte un appareil dentaire, mais qui a renvoyé successivement Kelly Slater, Taylor Knox et Julian Wilson à la maison.

Depuis, il y a eu quelques marrées, et un autre brésilien à battu Kelly en final du Portugal, dans des conditions qu'on aurait aimé voir à Hossegor. Il faut croire que cette année, c'est la fête des lusophones (la culture, c'est comme...).

Cependant, on est quand même aller trainer nos guêtres le long des plages de la Gravière et des Culs Nus à cette période qui devait être automnale, et qui au finale aura Ã©té printanière, et bourgeonnante. Et on veut vous raconter ce qu'on en a vu.

Bourgeonnante, parce que le jeune Gabriel Medina, qu'on appelera désormais "Gaby", vu qu'on est au moins aussi cool que les commentateurs, sera passé au travers d'un jugement qu'on peut situer entre approximation et mediocrité, pour arriver à s'imposer dans une finale haletante entre "deux kids qui n'en veulent".

Metaaaaaaaaal!  Air Wilson  C'est pas ici la queue pour le nouvel Iphone?  C'est cassé!

Une étape un peu chaotique, et heterogène, qui a vu Taylor Knox, A.K.A. le vétéran, réaliser son meilleur résultat de l'année, Owen Wright ne pas aller en finale contre Slater, Taj Burrow faire le boulot, avec style, ou encore Jérémy Flores se faire la cheville, alors qu'il était quand même super en forme le jeune. On aura même vu, Dane Reynolds faire du surf sur le WCT, et gagner des heats.

Autant vous le dire, avec nos pronostics, on était complètement aux fraises. 

Malgré tout ça, on aura quand même pu constater l'engouement populaire de plus en plus massif pour Kelly Slater le surf, avec des mouvements de foule dignent des plus grands concerts de hard rock, et une vénération à la limite de l'inquiétant pour le decuple champion du monde chauve de la discipline.

Photo!  Le brouillard  J'ai mis un slip! Pour aller à la plage!  Le rituel de Medina

Tiens, parlons un peu de Kelly Slater. Il n'a pas gagné (et c'est surprenant vu toute l'aide que lui ont fourni les juges), mais il a fait une nouvelle fois une demonstration. Un surf fluide, engagé, résolument moderne, plus moderne d'ailleurs que certains pensionnaires du tour, pourtant bien plus jeunes que lui. Kelly sait s'adapter, évoluer, naviguer, engager, et par dessus tout, il sait concourir. 

Si on ne doute pas une seconde de sa passion éternelle pour le surf en tant de discipline (son forfait à Jbay pour surfer des vagues historiques au Fiji en est la plus belle preuve), on peut clairement affirmer que la compétition et le challenge sont les deux trucs qui le motivent le plus.

Jordy, à 80%  L'autre rituel de Medina  Kelly

On peut également parler du parcours assez haletant de Julian Wilson, qui aura démontré une maitrise et une montée en puissance tout le long de l'épreuve. Alors que tout le monde l'attendait dans le registre aérien, il a préféré Ã©clabousser ses concurrents heat après heat, avant de lacher les chevaux, uniquement sous la pression de la finale, avec un shove it, qui devrait rester dans les annales. Il en faut des sacrées, et en béton, pour aller lacher ça dans une finale contre un Medina.

Y a même des mecs avec des motos qui flottent.  Taj qui fait le job  un kid heureux.  

SAMBA  Oui, Julian a mis Shove It en final.  Papa Medina,

Medina qui, malgré quelques fautes d'immaturité (en même temps il n'a que 17 ans, il a bien le droit d'être immature!), a démontré, en gagnant à Hossegor sa première étape du World Tour en seulement deux étapes jouées, qu'il va falloir compter sur lui dans un avenir tout proche. Laissons le se laisser pousser les cuisses, et gageons que dans quelques années, le jeune brésilien qui laisse encore sa soeur dessiner sur sa planche, va faire trembler les cadres du Tour. Nous, en tout cas, on l'espère.

Taj qui fait vraiment le job!  Brésilien, pas Mexicain!  de la verticalité aérienne  Bon, bah on va boire une bière alors...

La conclusion de cette semaine est en fait assez simple: les conditions n'étaient pas celles attendues, mais du coup, ce Quiksilver Pro France a été un révélateur du Tour moderne, ultra ouvert, avec des styles de surf très variés et qui offrent tous un très bon spectacle pour une discipline qui a vocation à être de plus en plus "mass médiatisée".

Photos: Guillaume Arietta